RESENDO 2026

11es Journées de formation du Centre de l’Endométriose
Hôpital Paris Saint-Joseph et RESENDO
« L’endométriose au fil des âges », 2 et 3 octobre 2026

Deux jours dans une salle pleine de soignants, des notes griffonnées à toute vitesse et un fil rouge : l’endométriose au fil des âges. J’y étais en tant que participante, et je suis repartie avec une phrase que je répète à mes patientes depuis longtemps : ce n’est pas dans votre tête.

Ce que je partage ici, ce sont mes notes de diététicienne, avec mes mots. Je ne pose aucun diagnostic et je ne fais aucune analyse médicale. Je raconte ce qui m’a marquée, pour que vous puissiez en parler avec votre médecin ou votre gynécologue.

Trois sujets m’ont particulièrement parlé : les règles très douloureuses de l’adolescente, l’endométriose et la ménopause (avec ces douleurs pelviennes qui persistent après), et le poids des traumatismes de l’enfance sur la douleur.

Badge de participante aux journées RESENDO 2026 sur l'endométriose et la ménopause, Paris, 2 et 3 octobre 2026
Moi, en salle, avec mon badge. Je ne voulais surtout pas rater ça.

Pourquoi je suis allée aux journées RESENDO

Parce que mes patientes me posent des questions que les manuels de diététique ne traitent pas. « Et après la ménopause, ça s’arrête ? » en fait partie. Parce que se former en continu, c’est la base quand on accompagne des femmes qui ont mal depuis des années. Et parce que RESENDO, le réseau ville-hôpital endométriose, réunit exactement les soignants avec qui j’ai envie de travailler. Je suis d’ailleurs référencée dans leur annuaire.

Règles très douloureuses chez l’adolescente : ne pas banaliser

On distingue deux grandes familles de règles douloureuses. Les règles douloureuses dites primaires : la douleur reste supportable, elle est calmée par les antalgiques simples, elle s’améliore avec le temps et ne s’accompagne pas d’autres symptômes. Les règles douloureuses dites secondaires : la douleur est forte dès le début, elle s’aggrave, et elle s’accompagne de symptômes digestifs ou urinaires.

Ce qui m’a marquée : l’endométriose est la cause la plus fréquente des règles douloureuses secondaires. Et une hypothèse a été présentée : des contractions de l’utérus trop fortes pourraient augmenter le risque que du tissu de l’endomètre « fuite » et se retrouve ailleurs. D’où l’intérêt de ne pas attendre.

Une grande étude française, PRECURSOR, a été présentée. C’est une étude nationale qui teste une prise en charge globale chez des adolescentes dont les règles sont très douloureuses, pour prévenir les douleurs pelviennes chroniques et l’endométriose. Je la suis de près.

Une douleur « nociplastique », c’est quoi ?

C’est une douleur bien réelle, ressentie dans une zone du corps où l’on ne trouve pas de lésion qui l’explique. Le système de la douleur est devenu hypersensible, un peu comme un détecteur de fumée réglé trop fort. Ça peut aussi aller avec un côlon irritable ou une vessie douloureuse, parce que le système nerveux s’est sensibilisé de partout. Purée, que c’est important de le dire aux femmes : cette douleur existe.

Endométriose et ménopause : non, ça ne s’arrête pas toujours

Beaucoup de femmes l’ont entendu : « à la ménopause, ça passera ». La réalité est plus nuancée. J’ai entendu l’expression « no man’s land » : il y a très peu d’études sur le sujet. Le guide de la société européenne de ménopause (EMAS, Maturitas 2025) évoque une endométriose chez environ 2 à 5 % des femmes après la ménopause. On ne sait pas toujours s’il s’agit d’anciennes lésions qui restent ou de nouvelles lésions.

Une piste évoquée : l’aromatase, une enzyme qui fabrique des œstrogènes, y compris dans le tissu graisseux. Chez certaines femmes, notamment en surpoids, ce mécanisme pourrait expliquer qu’une endométriose apparaisse après la ménopause.

Autre point important : le traitement hormonal de la ménopause peut réactiver des lésions chez certaines femmes qui ont eu de l’endométriose (Raheem et al., J Clin Med, 2025). Ça ne veut pas dire qu’il est interdit. Ça veut dire que la décision se prend au cas par cas, avec votre gynécologue, et que la prise en charge doit être individualisée.

Je détaille ce point dans un petit article à part : endométriose après la ménopause, est-ce possible ?

Douleurs pelviennes après la ménopause : pourquoi elles persistent

C’est le passage qui m’a le plus servie pour mes consultations. Voici ce que j’en retiens, en langage simple :

  • Les hormones. Les œstrogènes et la progestérone aident le corps à freiner la douleur. À la ménopause, ils chutent. Moins d’œstrogènes, c’est moins de sérotonine et de dopamine : le moral baisse et la douleur est davantage ressentie.
  • Les tissus. On perd de l’élastine, les tissus sont moins souples et bougent moins bien, ce qui augmente la douleur.
  • Le sommeil. Moins de progestérone, c’est parfois plus d’apnées du sommeil. Un sommeil abîmé augmente le cortisol et l’inflammation, donc la douleur.
  • La zone intime. Avec la baisse du mucus, on peut avoir des brûlures en urinant, des irritations, des douleurs pendant les rapports.
  • L’inflammation qui s’entretient. « La répétition fixe la notion » : quand l’inflammation se répète, elle abîme les cellules et finit par s’auto-entretenir. Plus la douleur dure, plus le système s’installe.
Femme allongée sur un canapé avec une bouillotte sur le ventre, douleurs pelviennes
La bouillotte, on connaît toutes. Les douleurs après la ménopause, on en parle trop peu.

Il a aussi été question de limiter les opioïdes, parce qu’ils pourraient entretenir la sensibilisation à la douleur. Un point à discuter avec votre médecin : on ne change rien toute seule.

Le résumé d’une phrase : la chute des hormones augmente l’inflammation, donc les douleurs. Je développe ça ici : douleurs pelviennes après la ménopause, pourquoi elles persistent. Et si vous voulez comprendre la période dans son ensemble, ma page ménopause est là.

Traumatismes de l’enfance et douleur : un lien à connaître, sans culpabiliser

On parle d’expériences défavorables de l’enfance : abus, négligences, foyer où il y avait des addictions ou de la violence. Une revue de la littérature et méta-analyse de 2023 (Bussières et al.), portant sur 85 études et plus de 800 000 adultes, montre que plus on a vécu de ces expériences, plus le risque de douleur chronique à l’âge adulte augmente.

Le mécanisme n’est pas bien compris. Des pistes existent du côté de l’immunité et de l’épigénétique. Et il a été dit que plus le traumatisme est précoce, plus le cerveau serait sensibilisé à la douleur.

Ce que ça ne dit surtout pas : que votre douleur est « psychologique ». Votre douleur est réelle. C’est le système nerveux qui a appris à se protéger. Je me suis permis d’en faire un article à part, plus doux : traumatismes de l’enfance et douleurs pelviennes. Si vous cherchez une ressource, le site DOLOMIO propose une mini-série sur la douleur.

Ce que j’en fais dans mon accompagnement

Je ne soigne pas l’endométriose, et je ne remplace personne. Mais à table et au quotidien, on peut soutenir le corps : une alimentation à visée anti-inflammatoire, un ventre apaisé sans régime restrictif (voir ma page troubles digestifs), un sommeil qu’on protège, des protéines pour garder du muscle à la ménopause. Toujours en complément du suivi médical, jamais à sa place.

Mes 6 points à retenir de RESENDO 2026

  1. Des règles très douloureuses à l’adolescence peuvent être un facteur de risque d’endométriose : on ne banalise pas.
  2. Les traumatismes de l’enfance sont associés à plus de douleurs chroniques, sans être une explication « psychologique ».
  3. Il existe de bonnes ressources, comme le site DOLOMIO et sa mini-série sur la douleur.
  4. À la ménopause, l’aromatase peut expliquer une endométriose chez certaines femmes.
  5. La baisse des œstrogènes diminue la sérotonine : plus de douleur, moins de sommeil.
  6. L’endométriose à la ménopause existe : il faut en parler.

Vous vous reconnaissez dans ces douleurs ?

Si vous avez une endométriose, des douleurs pelviennes ou une ménopause qui complique tout, je serais heureuse d’en parler avec vous. Vous pouvez d’abord récupérer mon livret gratuit sur l’alimentation et l’endométriose, ou prendre un premier rendez-vous pour faire le point ensemble.

Ce texte est mon compte rendu personnel de diététicienne. Il ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre gynécologue.

Questions fréquentes

L’endométriose disparaît-elle à la ménopause ?

Pas toujours. Selon le guide EMAS publié en 2025, environ 2 à 5 % des femmes seraient concernées après la ménopause, et des douleurs peuvent persister. Les études sont encore peu nombreuses sur ce sujet. Parlez-en à votre gynécologue.

Pourquoi ai-je encore mal au bassin après la ménopause ?

La baisse des œstrogènes et de la progestérone modifie la façon dont le corps gère la douleur, l’inflammation et le sommeil. Ce n’est pas dans votre tête. Seul un avis médical permet de chercher la cause précise.

Des règles très douloureuses à l’adolescence sont-elles normales ?

Une douleur forte dès le début, qui s’aggrave ou qui s’accompagne de troubles digestifs ou urinaires, mérite un avis médical. Il ne faut pas attendre que ça passe. Cette douleur peut être un signal à ne pas banaliser.

Les traumatismes de l’enfance peuvent-ils influencer la douleur chronique ?

Une revue de 2023 portant sur 85 études montre un lien : plus il y a eu d’expériences difficiles dans l’enfance, plus le risque de douleur chronique à l’âge adulte est élevé. C’est une association, pas une cause unique, et cela ne veut pas dire que la douleur est psychologique.

Peut-on prendre un traitement hormonal de la ménopause avec une endométriose ?

C’est parfois possible, avec un suivi. Le traitement peut réactiver des lésions chez certaines femmes, d’où une décision à prendre au cas par cas avec votre gynécologue.